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Magazines sportifs
 

Comment ça va ? (Tennis Magazine n° 277 - avril 1999)

Thierry GUARDIOLA : Je me sens très bien. Il me tarde de retrouver l'ambiance des grands tournois. Ce sera en quelque sorte la cerise sur le gâteau après ce que j'ai traversé. Depuis l'hiver 1998, je suis revenu au niveau que j'avais il y a quelques années.

Tennis Magazine : Pendant près d'un an, vous avez presque totalement disparu du circuit. Pouvez - vous nous raconter ce qui vous est arrivé ?

T.G : J'ai eu un coup au moral il y a bientôt trois ans. J'ai alors décroché du tennis. Pendant presque cinq saisons, de 1991 à 1995, je suis resté classé entre la 100ème et la 150ème place. J'étais obsédé par cette " barrière " des 100 premiers mondiaux. J'ai cru enfin pouvoir la franchir en 1995 : cette année - là, j'avais réussi un très bon début de saison. Je m'étais qualifié à l'Open d'Australie, où j'avais battu Jason Stoltenberg au premier tour, puis j'avais éliminé Jim Courier à Rome. A Rouen, dans un tournoi sur invitations juste avant Roland - Garros, j'avais obtenu deux victoires prestigieuses face à Pete Sampras et Andre Agassi. Mais la fin de saison s'est mal passée : je me suis qualifié à plusieurs reprises lors de la tournée aux États - Unis mais à chaque fois, j'ai été battu au premier tour, souvent en trois sets. Fin 1995, j'étais 158ème et mon moral était très bas après ce que je considérais comme un échec. J'étais fatigué mentalement. L'année suivante, je ne m'entraînais pratiquement plus. Pendant huit mois, je n'ai presque pas joué, à l'exception de deux tournois, à San Marino et à Toulouse. Je suis parti me ressourcer à la montagne, à Lugano, en Suisse. Mais j'étais "limite" de mettre un terme définitif à ma carrière.

T.M : Vous avez alors décidé de rejouer sérieusement à la suite d'une rencontre...

T.G : Je suis très ami avec Hicham Arazi. Alberto Castellani que je connais bien également, était son entraîneur à Roland - Garros en 1997. Je lui ai parlé de mes problèmes, et il m'a conseillé de voir une personne, Jean - Marc SURDEAU . Après avoir un peu hésité, j'ai fait la démarche de le consulter pour suivre une thérapie. Très vite, la motivation est revenue. J'ai demandé à la fédération de pouvoir m'entraîner à Roland - Garros. A la mi-décembre, j'étais de retour à Paris et je travaillais de nouveau sérieusement avec Jérôme Potier et Paul Quentin pour le physique (aujourd'hui remplacé par Rémy Barbarin). Ça n'a pas été facile au début. Je me souviens notamment que lors de mon premier circuit satellite en France, début 1998, j'ai perdu contre des "2ème séries"...

T.M : Aujourd'hui, où en êtes - vous ?

T.G : Je ne me souviens pas d'avoir disputé un match sans éprouver du plaisir sur le court depuis un an. J'ai beaucoup appris sur moi-même grâce à ma thérapie. Avant, j'étais nerveux. Désormais, je contrôle mes émotions et je sais gérer un match. Les premiers bons résultats sont arrivés l'hiver dernier. J'ai gagné le satellite "future" de Bagnères-de-Bigorre, et j'ai perdu en finale à Mulhouse et en demi-finales à Plaisir. Je suis alors sorti du "trou" au classement, car après avoir été joué les interclubs en Allemagne pendant plusieurs semaines, j'étais redescendu aux alentours de la 600ème place. Cette année, ça a plutôt bien débuté également. Au circuit satellite France I, j'ai été demi-finaliste à Grasse et finaliste au Masters à Andrézieux-Bouthéon. Je suis remonté 250ème environ. Mon objectif pour 1999 sera d'atteindre la 150ème place environ. Quand je regarde le classement, je crois que j'ai battu près de la moitié des joueurs qui figurent aujourd'hui parmi les 100 premiers. Comme je l'ai dit, il me tarde vraiment de revenir sur le grand circuit.

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Présentation de la psychologie du sport (Le Bulletin INFOLYMPIQUES - mai 1999)

Vous avez tous en tête une compétition où vous avez perdu contre un adversaire inférieur. Vous avez joué en dessous de vos capacité et lui au dessus des siennes. Comme si vos attitudes mentales respectives avaient injustement fait basculer la logique.

Le monde est rempli d'anonymes exceptionnels qui, faute d'aptitudes à évoluer sou pression, n'ont jamais pu exprimer leur potentiel. S'ils avaient consulté un psychologue du sport, peut-être auraient-ils été reconnus.

A l'entraînement, nombreux sont les athlètes qui réalisent de meilleures performances que le numéro un . Mais le jour de la compétition, ils seront dépassés par celui qui est plus "musclé de la tête". Car l'arsenal des meilleurs renferme une arme supplémentaire : une confiance en béton.

L'athlète de haut niveau est une mécanique de grande précision, comme aime à le dire Claude Sarrazin, Docteur en psychologie du sport de l'Université de Montréal, c'est une véritable F1 où les réglages sont délicats à effectuer : "Si après une forme physique olympique, un régime calculé au raisin près, la technique, polie par des milliers d'heures de répétitions, la tactique sans faille, les performances restent en deçà des capacités, c'est que les émotions dérapent. Les dernières retouchent à l'éclosion d'un extraordinaire talent appartiennent dès lors au psychologue du sport. Cet entraînement mental va outiller l'athlète afin que l'esprit n'entrave pas l'expression du corps. En effet, l'esprit de l'athlète est bombardé par les attentes des sponsors, de la foule, de l'entraîneur et des parents. Le psychologue est présent pour construire un abri mental, une sorte de bulle étanche qui permet à l'athlète le jour de la compétition de se préserver de ce qui pourrait le détourner de son objectif pour jouer comme il en est capable" (Wayne Halliwell, Docteur en psychologie du sport de l'Université de Montréal).

Voici quelques matériaux nécessaires à sa construction : le culte du présent, les rituels, l'imagerie mentale, la relaxation et le discours intérieur.

Le psychologue du sport ne change pas le fer en or. Mais il aide l'athlète à se réaliser dans le sport, de devenir un "être - athlète". Car une amélioration du quotidien chez le sportif s'accompagne d'une amélioration dans la compétition et réciproquement.

Jean - Cyrille LECOQ
Psychologue spécialisé dans le sport

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En passant par la Canebière


Le plus surpris

Thierry Guardiola, échappé de ces qualifications après bien des frayeurs. Au deuxième tour, il est en effet passé tout près de la défaite face à Rodolphe Gilbert qui a servi pour le gain du match au deuxième set et a mené 3-0, balle de 4-0 lors de la dernière manche. Dans le grand tableau, Thierry, 28 ans, a ensuite vécu une belle aventure jusqu'en quarts de finale, un stade de la compétition qu'il n'avait pas atteint sur le circuit principal depuis l'Open de Nice en 1993. Il a même eu deux balles de deuxième manche face à Fabrice Santoro.

Au soir de l'Open 13, il se retrouvait à la 128ème place du classement technique de l'ATP Tour (celui qui sert à déterminer les participants des tournois).

Un vrai bond en avant pour Thierry qui avait envisagé d'arrêter sa carrière en 1996 avant de trouver de l'aide et une nouvelle motivation auprès d'un psychologue (Jean-Marc Surdeau).

Carnet de notes : Bien

Thierry Guardiola : bon passage pour le Toulousain, qui a enchaîné un quart de finale à Marseille et une demi-finale à Wraclow (Pologne), dans un challenger doté de 75 000 dollars.

Sur la Canebière, il s'est qualifié avant de battre le Bulgare Stanoytchev et le Slovaque Kroslak.

Son meilleur résultat sur le circuit principal depuis 1993.

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Entretien : Foot et psychologie "Avec un psy, on pourrait contrer le dopage" (Foot de l'Ouest - n° 12 - janvier 2001)

Foot de l'Ouest : En quoi pensez-vous qu'un psychologue peut améliorer les performances d'un footballeur ?

Jean-Cyrille Lecoq (Psychologue du sport) : On peut l'aider à mieux définir ses objectifs. A partir de là, on peut mettre sur pied des stratégies qui lui permettent de résister à la pression. Le psy devra également aménager une sphère dans laquelle il peut tout dire sur ses coéquipiers, son entraîneur, en sachant que cela reste confidentiel, que cela ne se retournera pas contre lui. Il peut exposer ses forces et ses faiblesses, sans être jugé. On peut ensuite analyser ensemble les mécanismes de motivation (je joue pour mon plaisir ou pour la prime ?) et expliquer pourquoi il se blesse à tel moment. La blessure, souvent, est un signe de problème de communication avec autrui. C'est un autre mode d'expression, non verbal.

F.O. : La blessure est donc considérée comme un symptôme ?

J.C.L. : Tout à fait. On s'interroge sur le moment de la blessure, sur les bénéfices secondaires que l'athlète en retire. Quelque part, la blessure est une excuse. C'est un moyen de dire : " J'ai essayé de bien mais faire mais je n'ai pas pu."

F.O. : La psychologie peut-elle limiter le dopage dans le sport ?

J.C.L. : L'utilisation des techniques de préparation mentale permet de limiter les effets du dopage. Si on avait un psy dans chaque équipe de foot, on pourrait améliorer l'entraînement, la récupération et contrer ainsi le dopage.

F.O. : Quelles techniques utilisez-vous pour améliorer la performance des athlètes ?

J.C.L. : On peut utiliser l'imagerie mentale. En sachant que le cerveau ne fait pas la distinction entre un geste réalisé physiquement et un geste réalisé mentalement, on peut concevoir des entraînements où on associe le mêmegeste physique et mental. Ce qui fait que quand l'athlète réalise le geste mentalement, il se repose. Les Chicago Bulls utilisent cette méthode. Sur 20 paniers, le basketteur en réalise dix mentalement et dix physiquement. Cela permet la récupération. Mais c'est une technique encore peu connue.

F.O. : Vous travaillez également sur le discours intérieur et le culte du présent...

J.C.L. : L'athlète a souvent des pensées négatives : "Je suis nul, je ne suis pas prêt..." Le but est de remplacer les pensées négatives par des pensées positives. Quant au culte du présent, c'est une histoire de concentration sur ce que l'athlète doit faire et non pas sur ce qu'il va faire. Pour une personne qui court par exemple, elle doit être concentrée sur le coup de feu au moment du départ et non pas se dire qu'elle va franchir la ligne en première position. Mais le psy travaille également sur le cadre de l'athlète : gestion des problèmes liés à la relation entraîneur-entraîné, gestion des médias, des managers, de la pression... Il faut aménager un cadre à l'athlète qui lui permette de supporter tout cela.

Propos recueillis par Frédéric Genest

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