| L'Histoire de la Psychologie du Sport | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
(d'après les cours de psychologie du sport des Professeurs C. Sarrazin et W. Halliwell de l'Université de Montréal) |
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Depuis son origine qui date de la fin du XIX siècle, la Psychologie du Sport a acquis le statut de discipline scientifique, de profession (Salmela, 1984), ainsi qu'une reconnaissance mondiale de la plupart des milieux qu'ils soient sportifs, académiques, scientifiques ou gouvernementaux (Alderman, 1980; Salmela, 1981). L'acquisition d'une telle reconnaissance n'a cependant pu se réaliser que par une évolution rapide et complexe (Salmela, 1983). Dans ce qui va suivre, nous montrerons comment l'évolution particulière de la Psychologie du Sport dans le temps et dans différents contextes académiques, géographiques et politiques a pu contribuer à créer la situation carrefour qui caractérise la Psychologie du Sport (Salmela, 1981). I - Début de la psychologie du sport : 1895 - 1940 a) Événements précurseurs : 1895 - 1920 Les toutes premières manifestations de la Psychologie du Sport se retrouvent dans deux sources bien distinctes. D'une part, quelques philosophes, médecins ou éducateurs physiques ont reconnu dès la fin du XIXe siècle, les bienfaits de l'activité physique, suscitant ainsi l'intérêt pour les facteurs psychologiques intervenant en activité physique et sport (Thomas, 1983). D'autre part, le développement de la psychologie comme science (Reuchlin, 1968) a incité les psychologues à rechercher de nouveaux domaines d'études. La scène sportive a alors constitué pour certains, un domaine privilégié permettant l'étude des facteurs psychologiques reliés à la performance motrice (Géron, 1982). Ces premières manifestations de la psychologie du sport ont été observées principalement dans trois pays : les États-Unis, l'Allemagne et la Russie. Aux États-Unis, c'est en 1895 que G.W. Fitz instituait le premier laboratoire de recherche en éducation physique en Amérique du Nord, plus précisément au Harvard's Lawrence Scientific School en Illinois (Lee, 1983). Fitz y réalisait sa première recherche portant sur la vitesse de réaction et la précision d'une réponse motrice à un signal imprévu. Trois ans plus tard, à l'université d'Illinois, le psychologue Tripplett se méritait l'honneur d'avoir réalisé la première recherche en psychologie du sport proprement dite. Il y étudiait l'effet de la présence de personnes exécutant un tâche identique, lors d'une performance en cyclisme (Thomas, 1983). En 1899, le psychologue Scripture de l'Université Yale, s'intéressait à la généralisation possible des traits de personnalité manifestés lors d'activités sportives, aux situations habituelles de la vie en général (Wiggins, 1984). A Heidelberg, en Allemagne, c'est en 1903 que Miesemer donnait le départ de la psychologie du sport, en réalisant une série de mesures psychologiques durant l'activité physique. Enfin, en Russie, c'est par la publication d'un livre que Lesgaft ouvrait la voie à la psychologie du sport en 1909. Ce livre est basé sur des observations plutôt que sur une expérimentation, traitait entre autres du rôle des facteurs psychologiques dans le sport (Géron, 1982). La naissance de la psychologie du sport se situe donc à une période où la psychologie moderne commençait elle-même tout juste à s'identifier (Reuchlin, 1968). Ce n'est en effet qu'en 1879, à Leipzig, que Wundt établissait le premier laboratoire de recherche en psychologie expérimentale débutant ainsi officiellement l'ère scientifique de la psychologie moderne (Reuchlin, 1968). L'éducation physique pour sa part commençait à se distinguer de l'éducation et constituait alors un amalgame de sports et d'exercices de gymnastique, sous le vocable culture physique (Lee, 1983). C'est en se séparant de l'éducation en général que l'éducation physique s'est implanté plus solidement dans des départements spécifiquement voués à cette intention, dans quelques universités américaines. Cette instauration de départements d'éducation physique a favorisé la mise en place de laboratoires de recherche servant à la physiologie, à l'apprentissage ou à la psychologie. Ainsi, en plus d'avoir suscité le développement d'une matière académique spécifique, les départements d'éducation physique ont favorisé l'adoption d'une approche scientifique expérimentale pour l'étude des facteurs psychologiques en activité physique. Ainsi englobées dans des milieux différents commençant eux-mêmes à se développer, les premières manifestations de la psychologie du sport ne pouvaient être que le produit d'intérêt spécifique de quelques individus. Malgré tout, l'importance de ces manifestations est considérable puisque celles-ci constituent les éléments précurseurs d'une période plus longue durant laquelle la psychologie du sport a véritablement pris son essor au point de s'identifier comme domaine académique et de recherche (Géron, 1982). b) Coup d'envoi : 1920 - 1940 C'est de 1920 à 1940 que la psychologie du sport s'est particulièrement développée et ce, parallèlement dans quatre pays : aux États-Unis, en Allemagne, en Russie et au Japon (Géron, 1982). Malgré l'absence d'échange entre ces pays, leur patron de développement est similaire : |
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Aux États-Unis, la psychologie du sport fut principalement influencée par les théories de la personnalités et le concept de trait. Ainsi, son orientation principale fut de vérifier les différences entre les athlètes et entre les sports selon les dimensions motrices, perceptuelles ou psychologiques (Wiggins, 1984). En Allemagne, ce fut le psychologue Carl Diem qui fonda en 1920 le premier laboratoire de psychologie dans le domaine du sport, à l'Institut pour la formation des Spécialistes en Éducation Physique et en Sport de Berlin. Schulte et Sippel succédèrent à Diem et étudièrent principalement les comportements moteurs, ainsi que le développement et l'apprentissage moteur du point de vue des théories alors en vigueur dans ce pays, soit la théorie de la gestalt, la théorie holistique et la théorie de la profondeur (Schellinberger, 1977). En Russie, Rudik et Puni, tous les deux reconnus pères de la psychologie, ont respectivement fondé les Instituts d'Éducation physique à Moscou et à Leningrad (Géron, 1982). Fortement influencés par les travaux de Pavlov en physiologie, Rudik et Puni ont étudié l'effet de l'exercice physique sur les fonctions motrices ainsi que sur les traits de personnalité (Géron, 1982). Enfin, au Japon, le développement de la psychologie sportive s'est fait dans une perspective sociale, par l'étude des attitudes et des opinions face au sport et à l'activité physique. Ce développement s'est manifesté en 1924, lorsque Matsui père de la psychologie du sport au Japon a crée l'Institut de recherche en Éducation Physique (Suetoshi, 1977). Deux éléments importants se dégagent de cette première période de développement de la psychologie du sport. Premièrement, même si les chefs de file avaient une formation comme psychologue ou comme éducateur physique, ils se sont intéressés aux facteurs psychologiques reliés aux besoins et conditions du sport et de l'activité physique. Deuxièmement, dans chacun des pays, le développement de la psychologie du sport a coïncidé avec la création d'une institution de recherche soit en éducation physique ou en psychologie appliqué à l'éducation physique, contribuant ainsi à donner une orientation expérimentale à la psychologie du sport. Donc, déjà à la fin des années 1930, la psychologie du sport était influencée à la fois par l'éducation physique et le sport ainsi que par la psychologie. Découlant de cette double influence, deux orientations commençaient ainsi à se manifester. Premièrement, en se développant dans une perspective appliquée, la psychologie sportive permettait de répondre aux besoins précis du milieu sportif. Deuxièmement, la recherche faite dans les laboratoires contribuait quant à elle à développer une orientation théorique, une vérification des concepts. II - Développement de la psychologie du sport : 1950 - 1965 La période de 1950 à 1965 est considérée comme la période durant laquelle la psychologie du sport s'est le plus développée (Feige, 1977). Après l'interruption due à la guerre mondiale, ce développement s'est poursuivi selon les mêmes orientations que les décennies précédentes, c'est à dire influencé à la fois par la psychologie et l'éducation physique et orienté dans des perspectives théoriques et appliquée (Géron, 1982). Deux facteurs principaux ont contribués à maintenir des orientations si différentes dans le cadre d'une même discipline : le corps de connaissance de chacune des deux disciplines mères et l'influence politique et sociale des pays impliqués. a) Corps de connaissance Vers la fin des années 1950, le corps de connaissance de la psychologie générale était constitué de théories (de la personnalité, de la gestalt, de la motivation), de paradigmes (béhaviorisme) et même de sous-disciplines (psychologie développement mentale, de la perception, de l'apprentissage) (Hilgard, Atkinson, 1979). Les fondements théoriques de la psychologie étaient donc, dès cette période, assez développés pour constituer une source de référence primordiale (Wilberg, 1973). Durant cette même période, les connaissances spécifiques à l'éducation physique étaient beaucoup moins développées. Selon Stanley (1980), avant 1960, la théorie de l'éducation physique était orientées vers "l'élaboration des programmes, les théories et méthodes d'enseignement et d'entraînement, les tests et mesures et l'apprentissage moteur. L'éducation physique en tant que discipline académique, ne possédait donc pas les connaissances requises pour l'étude des facteurs psychologiques reliés à l'activité sportive. Par contre, dans certaines universités, les membres du corps professoral en éducation physique avaient déjà à ce moment, développé le champ de l'apprentissage moteur au point de vue académique. L'approche expérimentale en laboratoire y était utilisée pour l'étude des facteurs psychologiques dans des activités motrices et sportives (Wilberg, 1973). La différence dans l'état des connaissances des deux disciplines mères a donc favorisé durant cette période de 1950 à 1965, l'identification de la psychologie du sport comme sous-discipline de la psychologie. Cependant, les connaissances empruntées à la psychologie ont servi à répondre aux demandes du milieu sportif et ce, grâce à des intervenants pour la plupart éducateurs physiques (Salmela, 1984). b) Systèmes socio - politiques Le système socio-politique des pays en tête de file en psychologie du sport a aussi eu une influence marquée sur l'orientation de cette discipline. En Union Soviétique par exemple, la psychologie du sport a été considérée dès son origine comme une " partie de la psychologie générale soviétique (Shneidman, 1979). Son programme de développement a été planifié par le gouvernement dans une perspective d'ensemble, contrôlé et orienté vers l'atteinte de performances maximales en compétitions sportives internationales (Feige, 1977; Shneidman, 1979). Une telle optique a eu pour conséquence de développer la psychologie du sport dans une perspective appliquée plutôt que fondamentale, en empruntant à la psychologie, les procédures d'intervention psychothérapeutique susceptibles de favoriser une meilleure réalisation de la tâche sportive (Shneidman, 1979). Le produit le plus connu de cette approche est le concept de préparation psychologique à la compétition instauré au cours des années 1960 (Gorbunov, 1983). Cette conception de la psychologie du sport a également été diffusée dans tous les pays soumis à l'influence de l' Union Soviétique suite à la seconde guerre mondiale. Durant cette même période, dans les pays de l' Europe de l' Ouest ainsi qu'en Amérique du Nord, l'influence académique et individualisée s'est avérée prépondérante en psychologie du sport. En Amérique du Nord par exemple, la psychologie du sport s'est identifiée comme un champ de connaissance spécifique grâce à l'intérêt de chercheurs universitaires qui ont dégagé de l'apprentissage moteur, alors bien installé dans les départements d'éducation physique, des sujets d'étude plus spécifiquement psychologiques (Salmela, 1983). Parmi ces sujets se retrouve l'étude du stress et de ses effets sur la performance, ainsi que l'étude des traits de personnalité. Par exemple en 1949 aux États-Unis, Johnson, un des premiers étudiants de Lawther, lui-même un des pionniers en apprentissage moteur à l'université de Pensylvanie, menait une série d'études sur la dynamique de la personnalité. Henry et Ulrich, deux américains, se centraient quant à eux, sur l'influence du stress sur la performance (Wiggins, 1984). Selon Landers (1983), l'évaluation de la personnalité au moyen de tests a constitué un des sujets de recherche le plus souvent investigué durant cette période. Cette période a aussi été très active au point de vue publication. En effet, selon Géron (1982), plus de 63 livres on été produits dans le domaine de l'activité physique, dont quelques-uns portaient sur la personnalité des athlètes. Plusieurs livres de référence de base en psychologie du sport ont aussi été rédigés durant cette même période (Géron, 1982 ; Wiggins, 1984). Enfin, l'augmentation des échanges internationaux sous forme de rencontres individuelles et de conférences officielles, a aussi servi de tremplin propice à la création d'organismes de regroupements nationaux et internationaux. A la fin de cette période de 15 ans de rapide développement, la psychologie du sport se situerait sur le continuum horizontal allant de la psychologie clinique à l'apprentissage moteur et sur le continuum vertical allant de l'intervention pratique à la recherche. III - Reconnaissance de la psychologie du sport : 1965 à nos jours La période de 1965 à nos jours constitue la phase durant laquelle la psychologie du sport a été reconnue comme discipline structurée, autonome, scientifique et comme profession (Alderman, 1980; Salmela, 1984). a) Discipline structurée Dès 1965, la création d'organismes de regroupement nationaux et internationaux a constitué un des éléments les plus importants dans l'identification de la psychologie du sport comme discipline ayant sa propre structure à différents paliers d'intervention. Ainsi, en 1965, la Société Internationale de Psychologie du Sport (ISSP) a vu le jour dans le cadre d'un congrès tenu à Rome sous la présidence de Antonelli (Géron, 1982). Cette première a eu pour effet de susciter la création d'organismes nationaux cette fois, comme la North American Society for the Psychology of Sport and Physical Activity (NASPSPA) en 1967 ainsi que la Société Canadienne d'Apprentissage Psychomoteur et de Psychologie du Sport (SCAPPS) en 1969. b) Discipline autonome et scientifique En plus des retombées attribuables à la fondation des sociétés mentionnées précédemment, le statut de discipline autonome et scientifique a grandement été favorisé par le type de recherche effectuée en psychologie du sport. Plus spécifiquement en Amérique du Nord, plusieurs changements dans la forme et le sujet des recherches ont eu lieu durant la période de 1965 à maintenant (Landers, 1983). Un premier changement s'est effectué vers 1966, alors que la recherche a été orientée vers la vérification des théories (Landers, 1983). Ce changement a principalement été provoqué par les limites des résultats obtenus par les recherches sur l'évaluation des traits de personnalité en milieu sportif, principal sujet de recherche durant la période de 1950 à 1965. La critique de ce domaine de recherche a d'ailleurs fait l'objet de nombreux écrits, dont ceux de Morgan (1978) et de Carron (1980). La recherche alors entreprise au cours des années 1966 à 1976, avait pour objectif principal de développer un corps de connaissance propre à la psychologie du sport, par le biais de l'adaptation des théories existantes en psychologie ou psychologie sociale (Landers, 1983). Ces recherches pour la plupart effectuées en laboratoire, ont d'ailleurs résulté en des théories plus ou moins élaborés, comme la théorie de la facilitation sociale (Landers, 1975) ou celle du renforcement social (Martens, 1971). Vers la fin des années 1970, Martens a cependant provoqué un autre changement majeur, en remettant en question la nature trop théorique des recherches en psychologie du sport, la validité écologique du milieu habituel de réalisation des recherches, ainsi que la pertinence des protocoles expérimentaux et le choix des variables (Martens, 1979). L'effet choc de son article intitulé From Smocks To Jocks (Martens, 1979) a eu pour conséquence d'orienter la recherche dans une perspective appliquée, avec pour objet principal le développement des habiletés psychologiques telles que la pratique mentale ou la gestion du stress ( Landers, 1983). Cet intérêt vers la recherche appliquée s'est poursuivi jusqu'à maintenant, en partie à cause de la grande diversité des situations rencontrées dans le milieu sportif, mais aussi, à cause des demandes accrues pour des services professionnels. De plus, la nécessité de démontrer l'efficacité de la psychologie du sport à la société en général, ajoutée à l'impératif qu'ont les universités de répondre aux besoins de la société pour justifier leur existence et obtenir des fonds de recherche, ont aussi constitué des facteurs déterminants dans l'importance des recherches appliquées en psychologie du sport (Alderman, 1984). Outre les changements dans le type de recherche effectué en psychologie du sport, il existe un autre facteur ayant contribué à la reconnaissance de l'autonomie de la psychologie du sport et à sa démarche scientifique. Ce facteur est le changement très important qui s'est produit en éducation physique et les conséquences qui en ont découlé. En effet, suite aux années 1960 où la philosophie humaniste prédominait, l'éducation physique est entrée vers les années 1970 dans une période scientifique (Bouchard, 1974). Par exemple, au Québec, un groupe composé entre autre de Bouchard, Brunelle et Godbout a fortement remis en cause l'adhésion de tous les secteurs de l'activité physique et des sports à l'unique vocable éducation physique. Bouchard (1974) a alors proposé le terme "Sciences de l'Activité Physique", tandis que les anglophones suggéraient Human Movement (Morford, 1980). Sciences du sport est donc devenu le terme générique qui regroupe différentes disciplines reliées à l'activité physique ou aux sports, telles que la physiologie de l'exercice, la biomécanique, l'éducation physique, l'apprentissage moteur ainsi que la psychologie du sport. De plus ce changement a coincidé avec l'adoption d'une démarche plus rigoureuse conforme aux exigences scientifiques. Ainsi, en Amérique du Nord et dans quelques pays d'Europe de l'Ouest, la psychologie du sport est maintenant considérée comme une science du sport, au même titre que l'apprentissage et le développement moteur (Harris, 1977). Cependant, le même terme psychologie du sport prend une toute autre signification en U.R.S.S et dans les pays socialistes affiliés. Ainsi, le terme psychologie du sport regroupe l'apprentissage et le développement moteur, la psychologie sociale de l'activité physique ainsi que la psychologie de l'entraînement (Thomas, 1983). Cette situation démontre bien la complexité de l'évolution d'une discipline dans des contextes socio-politiques différents. Toujours à la recherche d'une identité propre, la psychologie du sport s'est vue attribuer de nouveaux qualificatifs au cours de la période de 1965 à nos jours. On l'a tour à tour qualifiée de domaine d'études (Morgan, 1972), de discipline académique (Feige, 1977), de discipline appliquée (Kunath, 1983) et finalement de discipline scientifique (Browne et Mahoney, 1984). Les champs d'intervention de la psychologie du sport ont aussi fait l'objet de différents points de vue. Ainsi, pour Singer (1978), la psychologie sportive sert aux individus de tous les âges, des deux sexes, et de tous les niveaux d'habileté. Pour Thomas (1983) et Salmela (1983), elle permet d'augmenter le développement et la performance des athlètes et des autres participants en activité physique. Enfin, pour Whiting (1976) et Kunath (1983) elle permet le développement personnel, tandis que pour Stravinsky (1977) elle favorise l'élaboration de concepts psychologiques en sport, la préparation tactique des athlètes et l'étude de leurs caractéristiques individuelles. Le début des années 1980 a donc vu la psychologie du sport s'imposer comme discipline scientifique et autonome. Cependant, comme toute situation en évolution, il n'existe pas encore d'unanimité sur ce qu'est la psychologie du sport de façon opérationnelle. C'est pourquoi on retrouve une telle diversité dans les qualificatifs et les champs d'intervention. c) Discipline professionnelle Au cours des 20 dernières années, la psychologie du sport a traversé différentes phases de développement et est maintenant rendue, selon Salmela (1983) à la phase de professionnalisation. Cette acquisition d'autonomie professionnelle constituait en 1983 et constitue encore, un point de litige important vécu par certains comme une vraie crise d'identification (Dishman, 1983). Plusieurs facteurs contribuent à la difficulté de cette autonomie professionnelle. A cause de sa nature bi-disciplinaire, la psychologie du sport se trouve coincée entre les professions déjà bien reconnues des deux disciplines mères. La reconnaissance officielle d'une devra recevoir une formation lui permettant de respecter les exigences de l'Association Américaine des Psychologues. Le rôle d'éducateur consiste à fournir des services éducatifs, principalement aux athlètes, entraîneurs, parents, administrateurs et officiels. La formation pour réaliser ce rôle n'est pas cependant pas spécifiée. Le rôle de gestion de stress sert essentiellement à faciliter la performance. Il s'applique aux équipes, entraîneurs, athlètes et parents. La formation n'est pas spécifiée. Enfin, le quatrième rôle est celui du clinicien. Il vise à travailler avec les athlètes démontrant des problèmes émotionnels sévères. Contrairement aux autres rôles, la formation du clinicien est bien identifiée. Un autre élément contribue fortement à la problématique de la professionnalisation de la psychologie du sport. Cet élément réside dans les exigences de formation et d'accréditation imposées par les régies professionnelles des disciplines mères. Or, la profession de psychologue est régie dans la plupart des pays par une réglementation rigoureuse spécifiant les exigences minimales de formation pour être accrédité (Dishman, 1983). Le titre de psychologue est donc un titre légal et protégé. Le professionnel en psychologie du sport qui devrait logiquement porter le titre de psychologue du sport se voit contraint de répondre à ces exigences de formation. Donc, de façon directive, la psychologie et ses organismes de régie imposent des orientations très spécifiques. De l'autre côté, les spécialistes en sciences du sport ne se sont pas encore dotés d'une telle corporation professionnelle; il n'existe donc pas d'équivalent en terme d'exigences de formation et d'accréditation de la part des spécialistes en sciences du sport. Or selon Salmela, plus de 70% des intervenants en psychologie du sport ont reçu une formation via les sciences du sport (Salmela, 1981). Un très grand nombre de psychologue du sport ne peuvent donc légalement s'identifier à un titre. Cette situation complexe constitue une des plus importantes problématiques qui entravent l'avancement de la discipline même, et sa reconnaissance comme discipline professionnelle. |
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